mardi 14 mars 2017

Une photo reçue qui a dû faire plaisir ....

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, je présente une photo sur laquelle on ne voit que des civils. 
Elle a été envoyée en mai 1916, de Roubaix, ville occupée par les Allemands du 14 octobre 1914 au 17 octobre 1918, pendant 4 années donc. 



Elle est envoyée par une petite fille à son papa, Henri Horent, prisonnier à Friedrichsfeld depuis septembre 1914. Il faisait partie du 1er Régiment d'Infanterie Territoriale. Ce régiment défendait les forts de la région de Maubeuge et a été fait prisonnier par les Allemands. 

Quand le courrier a été écrit, cela faisait déjà plus d'un an et demi qu'Henri Horent était prisonnier, on peut donc dire qu'il n'a pas beaucoup vu grandir les deux enfants se trouvant sur la photo. Pour la peine, on lui raconte l'évolution de sa petite fille, comme elle grandit, combien elle pèse, ce qu'elle sait faire, etc ... 



J'ai retranscrit ce touchant texte et le reproduis ci-dessous : 

Petit père chéri. Es-tu content de ta petite fille. Mieux encore si tu voyais mes bras si potelés et mes jolis bracelets. Je pèse 21 livres, sais dire papa, maman. Je marche par la main. Je bats la mesure avec la tête et la main quand on chante près de moi. Maman […] de la petite musicienne, elle vient de recevoir ta si bonne lettre du 2 mai et un si grand grand bonheur. Qu’il était désiré. Mlle Marie a pleuré de joie, tu as eu raison de lui réserver, elle si dévouée. Nous jouissons de voir de si bonnes figures. Albert rayonne et si heureux. Bonne maman, mon oncle […] t’embrassent de cœur et prient pour toi. Tante Line t’embrasse et attend. J’enlace ton cou papa chéri avec Marie ma petite sœur et petite mère qui te regarde avec amour. Mon oncle Maurice va être content aussi.
De ma main, Thérèse

 On peut retrouver la trace d'un prisonnier de guerre de 14/18 sur le site du CICR. 
Je vous copie ici les liens vers les archives qui m'ont permis d'avoir ces quelques informations sur Henri Horent. 

La fiche nominative



Pas de J.M.O. pour le 1er RIT mais un historique disponible sur le site de la BDIC.

jeudi 9 mars 2017

Une excuse valable ....

Voici encore une photo avec des prisonniers, cette fois-ci, c'est un soldat belge qui l'expédie. Il s'appelle François Laverdeur et écrit à son frère et à sa sœur. Il l'expédie chez M. Dréval qui est "chanteur de genre". 




Il dit qu'il sort de l'hôpital et comme pour excuser son écriture tremblante, il précise qu'il écrit de la main gauche. 

Le soldat se trouve très certainement en Belgique. En effet, on peut voir le cachet "Contrôle militaire - Überwachungstelle - Lüttich", qui montre que le courrier a été vérifié avant son expédition. Lüttich est le nom allemand de la ville de Liège.

Sur la photo, on peut voir deux expéditeurs potentiels : les deux qui ont le bras droit en écharpe (le deuxième à gauche et celui qui est assis par terre) et peut-être également celui qui se trouve debout à gauche de l'infirmière. 

Blessés prisonniers

mardi 7 mars 2017

10 ans de photos sur mon blog, ça s'arrose !!!!

Ce mois-ci, ce sont les 10 ans de ma présence sur ce blog à travers mes photos de la Grande Guerre.



10 ans d'articles, de photos inédites, de photos de monuments, de photos anciennes ou actuelles, de commentaires, de recherches, bref, 10 ans de partage. 

Merci à vous tous, visiteurs habituels ou occasionnels, de continuer à venir ici et à me motiver chaque jour un peu plus à trouver de nouvelles choses à poster, à présenter. 

Merci aussi beaucoup à ceux qui commentent .... parfois directement sur le blog, souvent sur les pages Facebook où je partage mes articles. 

Merci aussi beaucoup à Michel Japin qui m'aide depuis le début, en relisant mes textes, m'aidant à les rédiger, à les corriger. 

Je vous laisse ici le "top 5" des articles les plus consultés du blog depuis 10 ans. 

Il faut lire "Le triptyque de Tardi dans la mairie de Craonne."

mardi 28 février 2017

Insignes d'une journée de collecte : journée de l'Armée d'Afrique et des troupes coloniales

Poursuite de la série consacrée aux insignes offerts lors des collectes durant la Grande Guerre, voici quelques exemplaires de ceux donnés lors de la Journée de l'Armée d'Afrique et des Troupes coloniales. 

Cette journée de collecte a eu lieu en juin 1917, au profit des 600 000 soldats des troupes indigènes présents en Métropole pour participer aux combats. En plus de la collecte d'argent, une tombola est également organisée. 

La série présentée ici n'est pas complète. Je recherche donc ceux qui me manquent. 

Le verso de chaque insigne présent dans ma collection est le même pour tous. 

Le verso de tous les insignes
Le Tirailleur marocain

Le Zouave (soldats issus de la Métropole)

Le Tirailleur Annamite

Le Marsouin (Infanterie Coloniale, soldats issus de la Métropole)

Le Tirailleur sénégalais (provenant de toute l'Afrique Noire)

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Ajouts du 1er mars 2017 : 

Je remercie vivement "Mutze07" du forum "Histoire et Militaria 14/18" qui a bien voulu que j'utilise les images qu'il a postées.

On peut y voir un courrier écrit en juin 1917 destiné à un maire (celui d'Allianville, en Haute-Marne, dans le canton de Saint-Blin), pour préciser les modalités d'organisation de la journée de quête. C'est le Juge de Paix de ce canton qui envoie le courrier.


Il présente également au maire la tombola organisée en parallèle de la quête. Le maire du village  reçoit même des cartes postales reproduisant la célèbre affiche d'Abel Faivre "On les aura !". 

Mutze07 présente également l'insigne officiel remis aux quêteurs, prouvant leur rôle au sein de la journée de quête.




Sources :

 14/18 Magazine, hors-série n°5, "L'arrière, en avant toute !"

Le forum Histoire et Militaria (inscription et présentation obligatoires pour accéder aux sujets). 

dimanche 26 février 2017

Insignes d'une journée de collecte : reconstitution des foyers détruits par la guerre

Il y a quelques temps (4 ans), j'avais écrit un article dans lequel je présentais les quelques insignes de journées patriotiques, de journées de collecte, .... que je possède dans ma collection.Celle-ci s'est un peu agrandie depuis (mais il m'en manque encore plein), j'ai décidé de présenter les "nouveaux" dans une série d'articles. 

Ces insignes accompagnaient la collecte du "Devoir social" pour la reconstitution des foyers détruits par la guerre, 1914-1917. La quête a eu lieu les 21 et 22 mai 1917.A noter que la quête s'est poursuivie le 9 juin 1917.

L'illustration de chaque insigne représente l'hôtel de ville de villes touchées par la guerre. Ce choix peut paraître étonnant, la destruction des cathédrales de Reims et d'Arras étant plus emblématique que celle des hôtels de ville. Au verso, le motif est à chaque fois le même. A noter que sont représentées des villes françaises mais également belges (Ypres et Furnes). 

Le verso de chaque insigne


St Quentin

Ypres

Verdun

Soissons

Noyon

Péronne, avec une devise en allemand (Nicht ärgern, nur wundern !)

Reims

Furnes

Arras
Le lien vers le premier article datant de janvier 2013

Un p'tit verre pour la route

A notre époque, il serait plutôt mal vu pour cet automobiliste au repos, de s'afficher avec ses amis, en posant avec ces bouteilles de vin. 


mercredi 8 février 2017

Une chambrée du 77ème R.I. en 1915

Régiment vendéen caserné à Cholet et Fontevraud, le 77ème R.I. appartient à la 18ème D.I. 
La carte a été écrite le 1er mai 1915, d'Ypres. Suite aux attaques allemandes avec des gaz, la 18ème D.I. se porte dans le secteur d'Ypres à partir du 25 avril, alors qu'elle était au repos. 

Une chambrée du 77ème R.I. en 1915



Les soldats posent en tenues de corvée bourgerons. On peut voir sur le fusil Lebel, tenu à la main, une bretelle qui n'est pas en cuir, on peut penser qu'elle est en tissu. 
Les soldats portent les képis modèle 1884, du début de guerre. Les capotes et tout leur barda sont posés ou accrochés sur des étagères, avec les sacs à dos (as de carreau). Le soldat de droite semble porter des chaussons de repos. 
Le matériel de campement n'est pas forcément réglementaire mais il reflète bien ce que l'on pouvait trouver à l'époque pour se ravitailler (bouteilles, bidons de lait, ...). Les soldats utilisent même des bidons de cavalerie (posés au sol). 

Le courrier au verso

Celui qui écrit envoie la carte à ses cousins, oncles et tantes. Il demande des nouvelles de la famille. Il demande également des nouvelles d'un certain François Pichon. S'agit-il du François Pichon mort en décembre 1914, qui appartenait au 77ème R.I. (voir fiche MDH en fin d'article) ? Le mystère demeure.

La fiche Mémoire des Hommes d'un François Pichon

mardi 31 janvier 2017

Encore du courrier qui n'arrive pas ...

Je suis en train de lire en ce moment un excellent ouvrage sur la poste durant la Grande Guerre (référence en fin d'article) et je suis fasciné par l'évolution de la mise en œuvre de la distribution de ces millions de lettres quotidiennes envoyé vers le front ou vers l'arrière. 

J'ai donc eu envie de partager cette photo achetée la semaine passée, envoyée en juin par un soldat du 293ème R.I. (recrutement à La Roche-sur-Yon). 
Il a entendu un camarade revenant de permission dire que son frère ne reçoit pas son courrier. Pourtant, il a envoyé déjà 5 lettres. 



Les soldats prennent la pose dans la neige pourtant, il écrit en juin que le soleil le réjouit de ses rayons. 
Il n'y a pas d'année précisée sur le courrier mais en y regardant bien quelques détails dans les uniformes, on peut penser qu'il s'agit de juin 1916. Il ne s'agit pas de juin 1915, les casques, ici recouverts d'un couvre-casque, n'apparaissent qu'à l'automne de cette année. Il en est de même pour le béret de couleur bleu horizon, apparu en juillet 1915. Ce dernier sera supprimé en septembre 1915, mais bien entendu, sa suppression n'est pas effective immédiatement. Il est théoriquement remplacé par un bonnet de police de la même couleur (1891/15). 
Toutes les coiffures présentes dans l'année apparaissent car on voit aussi des képis du modèle 1914, également théoriquement remplacés à cette époque du conflit. 
Par ailleurs, sur ces uniformes, on ne peut voir aucun chevron de présence sur les manches des capotes, indiquant le temps déjà passé au front. Ces chevrons font officiellement leur apparition entre le printemps et l'été 1916. Leur port est rendu obligatoire dès l'été. Les capotes sont toutes du modèle 1914 (Poiret). 

Hiver 1916, le 293ème R.I.


Le 293ème R.I. se trouve depuis l'automne 1915 sur le front de Champagne. Au printemps 1916, il fait route vers le front de Verdun, où il est engagé dans la bataille. 




mercredi 25 janvier 2017

Commentaires de tristesse

Deux photos du même soldat, impossible de déchiffrer son unité ou son arme, sur son col. A priori, il s'agit d'un sergent.

Ces deux photographies ont été prises le 14 juin 1915, expédiées le 17 à Lorient, destinées à une Madame Vve Rohel et une Madame Nicolas.

Le soldat y exprime son cafard, sa tristesse de ne pas avoir reçu de lettres.
Il y présente tout de même le cousin du chef, qui "vient des tranchées. La veille il a tué 4 boches".