mercredi 8 février 2017

Une chambrée du 77ème R.I. en 1915

Régiment vendéen caserné à Cholet et Fontevraud, le 77ème R.I. appartient à la 18ème D.I. 
La carte a été écrite le 1er mai 1915, d'Ypres. Suite aux attaques allemandes avec des gaz, la 18ème D.I. se porte dans le secteur d'Ypres à partir du 25 avril, alors qu'elle était au repos. 

Une chambrée du 77ème R.I. en 1915



Les soldats posent en tenues de corvée bourgerons. On peut voir sur le fusil Lebel, tenu à la main, une bretelle qui n'est pas en cuir, on peut penser qu'elle est en tissu. 
Les soldats portent les képis modèle 1884, du début de guerre. Les capotes et tout leur barda sont posés ou accrochés sur des étagères, avec les sacs à dos (as de carreau). Le soldat de droite semble porter des chaussons de repos. 
Le matériel de campement n'est pas forcément réglementaire mais il reflète bien ce que l'on pouvait trouver à l'époque pour se ravitailler (bouteilles, bidons de lait, ...). Les soldats utilisent même des bidons de cavalerie (posés au sol). 

Le courrier au verso

Celui qui écrit envoie la carte à ses cousins, oncles et tantes. Il demande des nouvelles de la famille. Il demande également des nouvelles d'un certain François Pichon. S'agit-il du François Pichon mort en décembre 1914, qui appartenait au 77ème R.I. (voir fiche MDH en fin d'article) ? Le mystère demeure.

La fiche Mémoire des Hommes d'un François Pichon

mardi 31 janvier 2017

Encore du courrier qui n'arrive pas ...

Je suis en train de lire en ce moment un excellent ouvrage sur la poste durant la Grande Guerre (référence en fin d'article) et je suis fasciné par l'évolution de la mise en œuvre de la distribution de ces millions de lettres quotidiennes envoyé vers le front ou vers l'arrière. 

J'ai donc eu envie de partager cette photo achetée la semaine passée, envoyée en juin par un soldat du 293ème R.I. (recrutement à La Roche-sur-Yon). 
Il a entendu un camarade revenant de permission dire que son frère ne reçoit pas son courrier. Pourtant, il a envoyé déjà 5 lettres. 



Les soldats prennent la pose dans la neige pourtant, il écrit en juin que le soleil le réjouit de ses rayons. 
Il n'y a pas d'année précisée sur le courrier mais en y regardant bien quelques détails dans les uniformes, on peut penser qu'il s'agit de juin 1916. Il ne s'agit pas de juin 1915, les casques, ici recouverts d'un couvre-casque, n'apparaissent qu'à l'automne de cette année. Il en est de même pour le béret de couleur bleu horizon, apparu en juillet 1915. Ce dernier sera supprimé en septembre 1915, mais bien entendu, sa suppression n'est pas effective immédiatement. Il est théoriquement remplacé par un bonnet de police de la même couleur (1891/15). 
Toutes les coiffures présentes dans l'année apparaissent car on voit aussi des képis du modèle 1914, également théoriquement remplacés à cette époque du conflit. 
Par ailleurs, sur ces uniformes, on ne peut voir aucun chevron de présence sur les manches des capotes, indiquant le temps déjà passé au front. Ces chevrons font officiellement leur apparition entre le printemps et l'été 1916. Leur port est rendu obligatoire dès l'été. Les capotes sont toutes du modèle 1914 (Poiret). 

Hiver 1916, le 293ème R.I.


Le 293ème R.I. se trouve depuis l'automne 1915 sur le front de Champagne. Au printemps 1916, il fait route vers le front de Verdun, où il est engagé dans la bataille. 




mercredi 25 janvier 2017

Commentaires de tristesse

Deux photos du même soldat, impossible de déchiffrer son unité ou son arme, sur son col. A priori, il s'agit d'un sergent.

Ces deux photographies ont été prises le 14 juin 1915, expédiées le 17 à Lorient, destinées à une Madame Vve Rohel et une Madame Nicolas.

Le soldat y exprime son cafard, sa tristesse de ne pas avoir reçu de lettres.
Il y présente tout de même le cousin du chef, qui "vient des tranchées. La veille il a tué 4 boches".